Louis Julian

Louis Julian, viticulteur à Ribaute-les-Tavernes (30)

Dans la famille de Louis Julian, à Ribaute-les-Tavernes, près d’Alès, non loin du Gardon, on est agriculteur de père en fils depuis 13 générations. Sa famille était spécialisée dans les vers à soie jusqu’à la première Guerre Mondiale. Dans les années 1920, face à la concurrence des textiles synthétiques, son grand-père a arraché les mûriers pour étendre ses 5 hectares de vignes, puis a construit sa propre cave de vinification.

Aujourd’hui, Louis Julian, 62 ans, cultive 30 hectares, dont 23 de vignes et un peu de céréales. Trois personnes travaillent sur le domaine : Louis Julian, son épouse et un de ses fils.

Depuis 40 ans, il a augmenté la surface en vignes de 7-8 hectares. Il cultive principalement du Merlot, de la Syrah, du Grenache, du Grenache-Cabernet et de l’Aramon. Mais au total, il a plus de 40 cépages différents – dont certains sont conservatoires, oubliés, voire uniques, retrouvés dans les forêts d’à côté –. Il cherche les cépages les meilleurs, les mieux adaptés au milieu local et les moins sensibles aux maladies, pour éviter les traitements chimiques.

Sa production va de 700 000 à 1 300 000 hectolitres de vin, selon les années : du blanc, du rosé, du rouge à 12° d’alcool et du rouge à 10,5° (à base d’Aramon). Il vend son vin en vrac, en bib de 5 et 10 litres et en bouteilles.

Il commercialise la totalité de son vin sur place : directement aux consommateurs, à des groupements comme l’Arbre à paniers et à quelques cavistes de la région, mais aussi de Hollande ou du Japon ! Les consommateurs viennent régulièrement de toutes les régions de France s’approvisionner au domaine, de ce vin certifié Nature et progrès et sans soufre ajouté.

 

Louis Julian est aussi un vigneron militant. Son père labourait entre les rangs, n’utilisait pas de désherbant. Lui-même a toujours été sceptique face aux produits chimiques. Il a découvert les principes de l’agriculture biologique, puis biodynamique, dans les années 1970 et a converti son exploitation au bio en 1979. Il s’est beaucoup investi pour la diffusion de la biodynamie : il a présidé le mouvement Nature et Progrès du Gard pendant 10 ans. Aujourd’hui, il soutient l’installation des jeunes agriculteurs, à travers l’ADEAR du Gard et la couveuse « Coup de pousses ».

Les perspectives sont bonnes : deux de ses fils veulent reprendre, probablement en GAEC. Les vignes pourraient être étendues jusqu’à 28 ha, mais l’idée est surtout de diversifier les produits à offrir aux consommateurs qui viennent sur place. Sa belle-fille commence une activité de maraîchage. Ils imaginent aussi développer une petite production de porcs et de volailles : les poules pourraient être installées sous une vigne tenue haute, en pergola. Pourquoi ne pas remettre des céréales entre les vignes ? Les idées ne manquent pas pour trouver une harmonie avec la nature !…

 

Quelques liens : http://www.fruitsoublies.org/51-Eloge-des-cepages-interdits

http://lefruit.defendu.over-blog.com/article-30827838.html